Les pratiques hallucinantes des réseaux sociaux


Cet article est une traduction a posteriori d'un billet d'abord publié en anglais, parfois des mois en arrière, mais que je tiens à traduire.

Les réseaux sociaux affectent directement la santé mentale. Les scientifiques ont démontré que les intéractions négatives et les comparaisons sociales ont un impact sur le niveau de dépression et d’anxiété.

Source: Social Networking Sites, Depression, and Anxiety: A Systematic Review

Ce n’est pas nouveau et les grosses plateformes le savent parfaitement mais elles continuent de pousser le bouchon pour faire des profits.

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Instagram est un peu la nouvelle hype et la plupart des utilisateurs, en particulier les plus jeunes, appliquent systématiquement des filtres de beauté avant de poster leurs photos, faisant de la plateforme un environnement assez toxique.

Les adolescents ont bien souvent peu confiance en eux et craignent le jugement des autres. Cependant, les plateformes sociales démultiplient les effets nefastes, créant parfois des problèmes psychologiques vis à vis du corps, des troubles mentaux, de la dépression, et, dans le pire des cas, des idées suicidaires.

Facebook, la compagnie qui possède Instagram, est tout à fait conscient de la situation et a même des études internes sur le sujet.

Source: wsj.com

Les utilisateurs d’Instagram ne sont pas les seuls pour autant. D’autres plateformes comme Snapchat ont des effets tout aussi négatifs sur la santé mentale.

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Ces plateformes sont devenues préoccupantes pour tout le monde, pas seulement les ados mais aussi les adultes. Tout le monde souffre plus au moins de cette hyper-socialisation.

Les scientifiques ont prouvé que les effets sont comparables à l’héroïne, pas au même niveau bien sûr, mais avec le même circuit neuronal. Comme toutes les drogues, cela peut déclencher un état de manque et des comportements d’addicte.

La dopamine est une substance chimique qui produit une sensation de plaisir. Le cerveau la génère lorsqu’il considère qu’un comportement est bénéfique. C’est une part importante de la motivation globale, un système de récompense issu de l’évolution humaine.

La validation sociale est un stimulus connu pour la production de dopamine et les plateformes sociales abusent de ce mécanisme, peu importe les questions éthiques.

La réaction chimique explique pourquoi c’est parfois aussi difficile de se déconnecter et les problèmes de sommeil, d’anxiété, de dépression, voire pire quand on reste trop longtemps connecté.

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Le but est de garder les utilisateurs sur la plateforme comme les casinos font avec les joueurs compulsifs. Il existe des modèles pour optimiser la récompense en fonction de l’activité propre de chaque utilisateur.

L’image appropriée pour décrire ce qui se passe est celle du rat courant après le morceau de sucre ou de fromage lors d’une expérience. La réalité est plus sophistiquée en ce qui concerne les utilisateurs mais le principe est le même.

Cela pourrait sembler anecdotique mais les notifications sont un enjeu majeur pour ces plateformes. Des algoritmes personnalisent les notifications en fonction des premières connections, et par la suite, lorsque vous interagissez avec d’autres utilisateurs ou des groupes, les notifications deviennent de plus en plus fréquentes, au point que votre cerveau les espère à chaque connexion.

Facebook ou Instagram abusent de cette technique. Cela va même encore plus loin quand les algorithmes commencent à notifier à un rythme différent intentionnellement, retenant parfois les likes pour pouvoir les délivrer en plus grande quantité plus tard, dans un “shoot massif” qui va décupler la production de dopamine et rendre l’utilisateur encore plus addicte.

Facebook arrive à cet effet dévastateur avec une application classique du web2. Imaginez ce que cela pourrait donner dans le Metavers.

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Ces plateformes embauchent les meilleurs ingénieurs et améliorent sans cesse leurs interfaces. Lorsque vous êtes connecté(e), cela devient de plus en plus compliqué de s’arrêter, mais vous pouvez néanmoins agir:

  • commencez par admettre votre addiction
  • désactivez les notifications de l’appli
  • quittez carrément la plateforme quand vous êtes prêt(e)
  • utilisez d’autres applis pour réduire le temps d’écran et limiter les notifications sur votre système

Encore une fois, c’est un problème pour tout le monde. En tant que blogueur régulier, je ne peux pas dire que les likes et les réactions sont insignifiants. Je n’écris pas que pour ça mais ça compte.

Échapper à “l’enfer des notifications” n’est pas si facile mais c’est nécessaire.

Les grosses plateformes ne sont pas les seules à implémenter un système de likes, mais elles ont amplifié le phénomène à un niveau sans précédent.

Le plus drôle c’est qu’elles n’ont jamais nié les effets potentiellement dangereux pour la santé mentale. Pendant des années, l’argument a même été qu’au final peu de personnes allaient réellement développer des troubles.

En 2022, on voit bien que tout le monde est atteint, à divers degrés certe, mais les conséquences peuvent s’avérer tragiques.

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