Le très controversé Metavers de Facebook

Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, a récemment renommé son empire “Meta”. Le Metavers pourrait s’avérer encore plus intrusif pour ses utilisateurs néanmoins.

Etymologiquement, “metavers” pourrait signifier “au-delà de l’univers” mais Mark Zuckerberg parle d’une expérience immersive avec des interactions similaires à ce qui se passe dans la vie réelle.

Web2 vs. Web3

Le web3 est fortement lié à la décentralisation via les blockchains et les réseaux d’applications décentralisés. Les crypto-monnaies y jouent un rôle essentiel en raison des protocoles et des technologies employés.

Le web3 amène également de nouveaux modèles économiques. En effet, les applications web2 doivent généralement atteindre un seuil d’utilisateurs critique avant de pouvoir être monétisées alors que les applications web3 bénéficient de systèmes de paiements natifs.

Le web3 est vanté pour sa meilleure sécurité et son respect de la vie privée. Il y a beaucoup d’autres avantages avec cette nouvelle architecture mais ici mon point est le suivant:

Pourquoi ferai-je confiance à Meta dans le web3 alors que la même entreprise a ruiné le web2 et trahi la confiance de ses utilisateurs?

Au lieu de lever le pied, Facebook semble s’orienter vers une collecte de données d’un niveau sans précédent (vers l’infini et au-delà?).

Pourra-t-on vraiment décrocher?

Les environnements immersifs sont addictifs par nature. Le but ultime est de garder les utilisateurs sur la plateforme le plus possible afin d’augmenter les profits et peu importe les éventuels aspects éthiques.

De plus en plus de personnes souhaitent débrancher et il y a de solides raisons de le faire:

  • réduire le temps d’écran
  • arrêter l’intrusion dans la vie privée
  • se sevrer de l’addiction à la dopamine
  • socialiser en vrai

Compliqué à faire de nos jours mais pas impossible. Avec le Métavers, certaines personnes pourraient aussi se déconnecter mais de la réalité !

Facebook est notoirement connu pour ne pas respecter la vie privée de ses utilisateurs. La firme a très mauvaise réputation avec de multiples fuites de données massives, de mauvaises pratiques de sécurité en interne, de la désinformation, et tout un tas de décisions visant à augmenter les profits au détriment des questions éthiques, faisant de la plateforme un environnement objectivement toxique.

Les expériences en cours avec les réunions pros virtuelles suggèrent qu’il pourrait y avoir une sorte de consentement forcé pour les employés si les entreprises qui les emploient décident d’aller dans le Métavers.

Encore plus de capteurs pour une expérience immersive

Meta aura selon toute logique besoin de beaucoup plus de données pour bâtir l’environnement immersif parfait. Si les mots d’électro-encéphalographies (EEG) semblent être de la science-fiction pour le moment, cela pourrait très bien être utilisé dans le futur pour réfléter au mieux les émotions des utilisateurs et “améliorer l’expérience immersive”.

Je comprends l’intéret techniquement mais l’idée de Facebook enregistrant des activités cérébrales est plus que dérangeante et ce scénario est assez crédible.

S’ils y arrivent, il faudra inventer une nouvelle unité pour évaluer leur capitalisation car les trillions de dollars ne suffiront peut-être plus.

La multinationale serait inarrêtable. Les marketeux et les publicitaires pourraient tracer les réponses inconscientes en exploitant certaines données biométriques.

En effet, la dilatation des pupilles et les mouvements occulaires peuvent révéler les détails les plus intimes de nos personnalités comme une attraction sexuelle ou lorsque l’on ment.

Conclusion

Si changer de nom pour redorer son image de marque est relativement courant pour une entreprise, Facebook va au-delà des pires projections avec Meta.

Je ne fais tout simplement plus confiance à cette firme et je ne vois aucune raison de changer d’avis avec Meta.

Par ailleurs, comment les parties prenantes et les autorités pourraient réguler ce changement de paradigme alors qu’elles ont déjà les plus grandes difficultés à comprendre et réguler les menaces actuelles ?

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